La bande dessinée, ça, c’est (aussi) de la littérature ! Et quand la BD parle des Ardennes, ça ne peut que faire plaisir à la Cacasse littéraire. C’est pour cela qu’Yves Kretzmeyer, l’auteur bien connu du Sacré Verrat d’Arthémise, doit faire partie de la Bibliothèque Ardennaise.

Histoires de dires J’ai récemment dégoté à la bouquinerie de l’Horloge à Sedan Histoires de dires racontées par le père du Verrat Sacré. Dans ce recueil de onze histoires, écrites et dessinées entre 1987 et 1990, éditées par les bons soins de l’auteur et imprimées à Charleville fin 1990, Kretzmeyer nous promène à travers le temps et la géographie du département. On passe par Carignan, Coulommes, Neuville-Day, Sedan et ses environs, Nouzon, Thin-le-Moutier, Raucourt, ou encore Harcy.

le Joseph était encore làD’après la couverture, ces onze histoires font partie des contes et récits d’Ardenne. On pourrait ajouter légendes. Et les légendes sont par excellence notre première littérature régionale, et ô combien populaire ! On y prend connaissance de quelques-uns de nos récits traditionnels à travers la bande dessinée comme on le faisait autrefois au coin du feu à la veillée. C’est d’ailleurs l’illustration de la couverture et le sujet du récit La veillée du Tutur Crevisse. Ce média moderne qu’est la BD est cependant tempéré par le style de Kretzmeyer fait de dessins à l’encre de chine, aux coloris sépia de la couverture. Comme s’il fallait concéder aux époques évoquées le côté vieux jeu des gravures.

et 5 minutes plus tardRien que le titre vaut une chronique. Histoires de dires. Le dit, au Moyen Âge, c’est un genre littéraire constitué par un petit texte traitant d’un sujet familier ou d’actualité. Couramment, les dires, c’est ce qu’une personne dit, déclare, mais ce sont aussi les paroles rapportées. Ce qui est le propre des récits, contes et légendes. Enfin, il y a l’expression histoire de dire, comme pour s’excuser d’avoir dit quelque chose. Je pourrais ajouter : tout est dit ! Ces histoires racontées et dessinées par Yves Kretzmeyer, tiennent à la fois de la tradition littéraire et populaire, de l’importance des contes et légendes et de la vie quotidienne de nos aïeux, sans pour autant vouloir se prendre trop au sérieux. Cela cache peut-être un but très ambitieux : raconter des blagues tout en voulant faire œuvre artistique.

20 diu !Mon histoire préférée, c’est celle du Veau Garou. En deux pages seulement, Kretzmeyer nous raconte le destin tragicomique d’un veau, devenu bouc (bouc émissaire), qui sans le vouloir terrorise la région de Coulommes (au sud du département, non loin d’Attigny et de Vouzier). Au passage, le dessinateur croque Verlaine buvant son absinthe et Rimbaud coloriant ses lettres.

et voilà toute l'histoireEn attendant une nouvelle chronique de la Cacasse littéraire sur la saga du Sacré Verrat d’Arthémise, faites le tour des bouquineries pour en dénicher un exemplaire ou même promenez-vous à Angecourt où réside l’auteur, des fois qu’il ait au grenier encore un stock d’Histoires de dires. Et si vous possédez déjà l’ouvrage, ressortez de votre bibliothèque cette BD d’Yves Kretzmeyer et relisez-la au coin du feu, comme s’il s’agissait d’une veillée.La veillée

 

Si d’autres histoires ardennaises vous tentent, (re)lisez la chronique sur Bille de chêne, de Yanny Hureaux.

 

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