3. Petit-déjeuner renversé

 

L’aubergiste m’expliqua que ce matin, vers six heures, la serveuse de l’auberge avait découvert mort un client à qui elle apportait dans sa chambre le petit-déjeuner. Le médecin venu constater la mort déclara qu’il fallait appeler la gendarmerie.

– C’est ce que j’ai fait, monsieur le commissaire.

– Je ne suis pas commissaire. Appelez-moi Fabert.

– Oui, monsieur Fabert.

– Rappelez-moi votre nom ?

– Grumillon, Victor.

– Eh bien, monsieur Grumillon, montrez-moi la chambre qui pose problème.

Il m’accompagna à l’étage et présenta une clé qu’il fit fonctionner. Une fois la porte de la chambre ouverte, le spectacle s’offrit à moi comme un pêle-mêle macabre. Sur le lit, un homme était étendu sur le dos. Il était grand, fort, noir et tout nu. Autour du lit, ce n’était que désordre. Un plateau de petit-déjeuner renversé avec des bris de vaisselle parmi des tranches de pain, de la confiture, du beurre, une cafetière italienne couchée et une grande tâche mouillée de café sur le tapis, des vêtements partout, quatre livres, l’armoire ouverte, le tiroir de la table de nuit sur le lit, un sac de voyage retourné.

– Vous connaissez la victime ?

– On l’appelle monsieur Marou. Je ne sais pas si c’est son nom de famille ou son prénom. Sur le registre hôtelier, il écrivait bien ça : Marou. Je ne sais pas non plus où il habite. On ne lui a jamais posé la question. Il vient ici à Bayencourt une fois pas an. Il arrive toujours en stop. Il descend à l’auberge, y reste deux jours. Il repart toujours à pied. Un curieux personnage, mais gentil.

– Que s’est-il passé exactement après la découverte du corps par la serveuse ?

– Eh bien, expliqua l’aubergiste, Rose a crié si fort que ça m’a réveillé.

– Qui est Rose ?

– Rose Alonde, un peu la bonne à tout faire quand la patronne est fatiguée. Rose fait seulement quelques heures par semaine à l’auberge. Rose a crié, puis je suis accouru et j’ai vu.

– Où est cette Rose Alonde en ce moment ?

– Dans la cuisine en train de pleurer. Donc je suis accouru et j’ai vu. Alors je suis descendu téléphoner à la doctoresse qui est arrivée vers six heures et demie. Elle a constaté la mort, mais comme il y avait un truc qui la chiffonnait, elle a dit qu’il fallait appeler la gendarmerie et surtout…

-… ne toucher à rien.

– Voilà ! C’est ça. Alors j’ai téléphoné aux gendarmes et vous voilà. J’ai aussi passé un coup de fil au maire parce que l’affaire semblait importante.

– Qu’est-ce qui chiffonnait le médecin ?

– Bah, ça ! Le désordre sans doute. La doctoresse a ajouté qu’elle rentrait chez elle prendre un petit-déjeuner et qu’elle commencerait vers sept heures et demie sa tournée du dimanche.

– C’est tout ?

– Non, elle repassera à l’auberge dans la matinée pour vous en dire plus. Elle m’a remis cette enveloppe pour vous.

 

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