44. Oiseau du matin

– Point d’interrogation, Amédé.

– Hein ?

– Je dis : Ne me pose aucune question et va me chercher Rose Alonde.

Amédé n’ouvrit plus la bouche et s’exécuta. Une minute plus tard, il ressortait de la cuisine avec le drôle d’oiseau demandé.

– Asseyez-vous, s’il vous plaît. Gendarme Madédée, prenez une chaise, mais tenez-vous juste en retrait de mademoiselle Alonde.

– Tout de suite, chef.

– Mademoiselle Alonde, avez-vous quelque chose à ajouter à votre dernière audition ?

– Non. Je ne vois pas quoi.

– Vous avez dit que vous ne connaissiez pas vraiment la victime. « Pas plus que ça », comme vous avez dit. Ne serait-ce pas plutôt : « Un peu plus que ça » ?

– Qu’est-ce que vous voulez dire ?

– Vous saviez comme toutes les femmes du village la réputation de Marou Piepie-Vanvan. Quelle était exactement votre relation avec lui ?

– Dois-je vraiment le dire ?

– Si vous voulez, je peux le faire à votre place et corrigez-moi si je me trompe.

Rose Alonde fit oui de la tête. Elle laissa tomber ses épaules qu’elle avait tendues, non par abattement, mais par soulagement. Je continuai :

– Rose Alonde, vous étiez l’une des nombreuses maîtresses occasionnelles de Marou Piepie-Vanvan quand il venait une fois l’an au village. Ce matin, à six heures…

– C’était le seul créneau qui nous restait. Moi, ça ne me dérangeait pas. Je suis une matinale.

– À six heures, donc, vous apportez à la chambre numéro 4 un petit-déjeuner pour deux personnes : pour Marou Piepie-Vanvan et pour vous-même.

– C’est lui qui avait eu l’idée d’un petit-déjeuner érotique. Ça m’a bien plu. Quand je suis arrivée devant sa porte ce matin, celle-ci était entrouverte. J’ai poussé la porte du pied. Il était nu sur le lit, tout nu, tout calme. J’ai cru qu’il plaisantait, qu’il faisait semblant de dormir. Je me suis approchée. J’ai posé le plateau du petit-déjeuner sur le bord du lit pour faire une caresse à Marou. C’est alors que je me suis rendue compte qu’il ne dormait pas, qu’il était mort. J’ai eu peur. J’ai crié. Le plateau s’est renversé.

– Rose, comme vous le savez, vous n’avez dans cette histoire commis aucun crime, si ce n’est celui d’avoir tu certains détails qui auraient pu faire avancer l’enquête un peu plus vite. Je vous demande de rejoindre les autres à l’auberge et de patienter encore un peu. Surtout ne leur dites rien de notre conversation. Gendarme Madédée, veuillez reconduire mademoiselle Alonde et ramenez-moi Roger Crolle.

– Tout de suite, chef.

Rose Alonde me quitta avec un petit sourire comme pour me remercier et une petite larme à l’œil telle une pensée pour son amoureux matinal.

 

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