6. C’est fâcheux comme histoire !

 

– Hugo, appelle-moi l’aubergiste.

– Euh… Antoine… Quand il y a du monde, faut-il vraiment que tu me vouvoies et que tu m’appelles par mon nom de famille ?

– Oui, c’est nécessaire. En présence de civils, il faut donner un caractère formel à notre fonction. Le vouvoiement, ça relève aussi de l’uniforme du gendarme. Alors pour le respect de l’uniforme et pour la deuxième fois, je reprends : Magogneau, appelez-moi l’aubergiste.

– Tout de suite, chef.

Mais c’est le maire qui sortit brutalement de la cuisine en protestant :

– Je demande instamment et officiellement à recouvrer ma liberté de mouvement et de parole. Ah mais, vous aurez de mes nouvelles !

– Pas plus tard que maintenant. Asseyez-vous, lui dis-je en lui montrant le coin que je venais d’installer pour le confort des interrogatoires.

– Ah vraiment, reprit le maire, c’est fâcheux comme histoire !

– Je ne vous le fais pas dire.

Il ne s’était pas encore calmé :

– Et ce n’est pas fait pour favoriser le tourisme dans notre village. Mais je vous fais confiance pour votre discrétion.

– Je ne suis pas journaliste, monsieur, je suis gendarme, officier de police judiciaire. Et à ce titre, je vais mener l’enquête.

Le maire n’eut pas l’air de m’avoir compris :

– Et quand vont venir vos supérieurs pour régler au plus vite cette histoire ?

Je me tus. Le personnage était petit, pas vraiment gros, mais quand même rond, avec une tête rouge et enflée. Comme il ne se calmait toujours pas, je commençai tout de go par quelques formalités :

– Nom, prénom, qualité ?

Il me regarda étonné et balbutia :

– Dausse, Hubert, notaire et maire de Bayencourt.

– Monsieur Dausse, ne vous alarmez pas. L’enquête, si elle est nécessaire, sera discrète. Et rapide, je l’espère. J’attends quelques explications supplémentaires du médecin du village. Savez-vous où elle peut bien être en ce moment ?

– Elle doit faire sa tournée du dimanche matin. Dans le canton, je suppose.

– Ce ne sera pas coton !

– Non, dans le canton.

– Je me comprends.

– Dois-je retourner à la cuisine ?

– Non, vous allez me chercher au plus vite votre médecin.

– Maintenant ?

– Magogneau, fis-je.

– Tout de suite, chef.

Magogneau a parfois quelques fulgurances de cerveau. Il prit le maire par le bras et l’expulsa hors de l’auberge.

 

La suite du feuilleton (chapitre 7) en cliquant ici.

Vous avez loupé le chapitre 5 ? Cliquez ici.

Nouveau !

Vous ne pouvez pas attendre la suite ? Vous voulez absolument savoir ce qui va se passer ? Bonne nouvelle, la version complète de Pêle-mêle macabre à Bayencourt est maintenant disponible en livre électronique…

Pour les liseuses Kindle, cliquez ici, sur l’image :

Pour les autres liseuses, cliquez là, sur l’image : Pêle-mêle macabre à Bayencourt

Please follow and like us:
error