8. Alice n’aime pas la viande froide

 

– Alice Louvette, médécin à Bayencourt.

– Antoine Fabert, officier de police judiciaire.

Le maire allait ouvrir la bouche pour se joindre à nos présentations, mais Magogneau, à qui je n’avais rien dit, prit l’initiative du siècle et poussa le maire, et l’aubergiste par la même occasion, vers la cuisine.

Alice Louvette, la doctoresse comme les gens du coin semblaient la nommer, avait l’air d’une femme énergique et très sympathique, trente-cinq ans plus ou moins. Rien à voir avec l’image traditionnelle du médecin de campagne mâle et bien embourgeoisé. Elle n’avait d’ailleurs pas l’important cartable en cuir du docteur, mais une musette en toile colorée d’où sortait un bout de stéthoscope.

– Je suis désolée de vous avoir fait attendre, mais je devais aller visiter quelques patients qui ont vraiment besoin de moi pour survivre, tandis que le client de l’auberge des Quatre Étoiles pouvait…

-… patienter. Ce n’est pas grave. Racontez-moi ce que l’auscultation du mort vous a appris.

– Et bien, comme je vous l’ai écrit, il ne s’agit pas selon moi d’une mort naturelle. On a provoqué une asphyxie. En aucun cas il ne s’agit d’un étranglement. Mais je ne sais pas comment a été causé l’étouffement.

– Un coussin ?

– Peut-être. Je n’ai pas pu m’empêcher de poursuivre l’auscultation et j’ai découvert deux choses curieuses : une fibre qui semble être d’origine animale entre les dents du mort…

– Peut-être un crin sorti d’un oreiller que la victime aurait mordu ?

– Peut-être. Je l’ai laissée à sa place. J’ai trouvé aussi des traces de sang sous les ongles.

– Vous avez déjà travaillé à la légiste ?

– J’y ai fait un stage pendant mes études. C’est très intéressant, mais je ne suis pas trop portée sur la découpe des corps. D’ailleurs je suis végétarienne, alors…

– Oui… alors ! Je vais communiquer toutes ces informations aux services spécialisés. Mais en attendant, pourriez-vous estimer l’heure à laquelle le meurtre – car il s’agit apparemment d’un meurtre – a eu lieu ?

– Je dirais entre une et deux heures du matin. Je suis désolée, mais il me faut encore faire deux ou trois visites ce matin. Si, dans l’après-midi, vous avez encore besoin de moi, vous pouvez me trouver au village, à la Maison Tertous, rue des Bois. Sur le carton que je vous ai fait transmettre ce matin, il y a aussi mon numéro de téléphone.

– Merci beaucoup, madame Louvette.

La belle Alice me fit un petit geste d’au revoir et sortit sans dire un mot.

 

 

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